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Entre autres mesures pour lutter contre les discriminations, les filles mais aussi les garçons sont invités à venir au lycée en jupe. Une mesure qui fait débat.

Tous en jupe au lycée. Telle est l'idée de la journée «ce que soulève la jupe», qui aura lieu dans 27 lycées de l'académie de Nantes le 16 mai prochain. Inscrite noir sur blanc dans un communiqué de l'académie, la mesure ne fait pas l'unanimité, c'est le moins que l'on puisse dire.

 


Il s'agit d'une initiative «100 % lycéenne» insiste l'académie, l'action ayant été imaginée et proposée par les élus au conseil de vie lycéenne pour lutter contre les discriminations. Reste qu'elle est soutenue par l'académie, et donc de facto par le ministère de l'Education nationale. Le rectorat est en effet libre de valider ou non les projets présentés dans le cadre des conseils académiques de vie lycéenne.



Des parents «pas tous au courant»
 


Cette journée d'action du 16 mai n'est pas la première édition de cette initiative surprenante. Une manifestation similaire a déjà eu lieu, sans faire de vague, le 12 avril 2013. Déjà, les garçons étaient invités à venir en jupe au lycée, et différentes actions (cafés citoyen, débats...) étaient organisés dans les établissements scolaires. 20 lycées de l'académie avaient alors répondu à l'appel.

 

 

«Je n'ai eu aucun retour négatif, à l'inverse, des éléments positifs sont remontés, des élèves racontant que même certains professeurs masculins s'étaient prêté au jeu l'année dernière en venant en jupe» déclare Elisabeth Costagliola, responsable de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement (PEEP). Avant d'ajouter que ces retours sont néanmoins «limités», les parents n'étant «pas tous au courant».



Mais cette année, l'action fait débat. «Cela pouvait être rigolo l'année dernière, quand il s'agissait d'un cas isolé» lâche Olivier Vial, président de l'UNI. «Maintenant, on généralise ces mesures gadgets» ajoute-t-il. En 2014, 7 lycées supplémentaires prendront part à cette journée visant à «lutter contre le sexisme et la dis

crimination». Et d'autres académies réfléchissent à instaurer un dispositif similaire.

«Provocation utile» ou «grand n'importe quoi»?



«Au nom de l'égalité, on fait n'importe quoi, estime Olivier Vial. L'action se veut inspirée de la journée de la jupe, mais là c'est l'inverse. Le propos était de permettre aux filles d'assumer leur féminité dans des environnements où c'était parfois difficile. Là, on nie l'identité féminine et masculine.» Avant d'ajouter, qu'à «quelques semaines du bac», «ce n'est ni le lieu ni le moment».

«Provocation utile» selon Elisabeth Castigliola ou «grand n'importe quoi» selon Olivier Vial, les avis restent mitigés... Reste encore à savoir combien de garçons montreront effectivement leurs jambes ce jour là, le communiqué indiquant également proposer le port d'un autocollant déclarant «je lutte contre le sexisme, et vous?» Une manière peut être moins engageante de participer...