La probabilité que survienne pour la fin de l'année un nouveau phénomène El Niño, un épisode météo qui rime avec sécheresses et inondations, a grimpé à 80%, annonce jeudi l'Organisation météorologique mondiale.

L'alerte est lancée : « Le monde doit se préparer à un nouvel épisode El Niño ». La probabilité d'un nouvel épisode de ce grave phénomène météo qui se traduit par des sécheresses et des inondations « a atteint 60% en juin et août et 75 à 80% pour la période octobre-décembre », a indiqué jeudi l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son bulletin d'informations.

Ses experts ont indiqué jeudi qu'il était encore trop tôt pour prédire les régions du monde qui seraient affectées, ni quel phénomène ( sécheresse, fortes pluies ou inondations) les touchera. « Nous en saurons plus au mois d'août », a déclaré le Dr Rupa Kumar Kolli, responsable à l'OMM de la division climat mondial, ajoutant avec prudence que la survenance d'El Niño « n'est pas complètement établie », de nouvelles données atmosphériques devant encore confirmer son arrivée.

Mais « de nombreux gouvernements ont déjà commencé à se préparer », a ajouté l'agence l'ONU basée à Genève qui précise s'attend à un épisode d'intensité plutôt « modérée » plutôt que « faible » ou « forte ». L'agence helvétique n'est pas le seule de cet avis. Des experts ont déjà exprimé le mois dernier un avis similaire à l'occasion du Yale Climate Forum (voir la vidéo du ci-dessous).



Tous les deux à sept ans



El Niño exerce une incidence majeure sur le climat mondial. Ce phénomène, qui se manifeste par une hausse de la température de l'Océan Pacifique et des perturbations météo majeures, surgit « tous les 2 à 7 ans » (notamment 1982-1983, et à l'été 1997) Le dernier épisode en date remonte à 2009-2010 et la facture est à chaque fois plus lourde. Les victimes humaines se comptent en effet par milliers, les dégâts économiques en dizaine de milliards de dollars et les pertes écologiques concernent des espèces et des territoires entiers. En 1982-1983 les sinistres couverts par les assurances (mais seuls les pays riches sont assurés) étaient évalués à 13 milliards de dollars. En 1997-98, El Niño a fait 23.000 victimes et provoqué entre 34 et 46 milliards de dollars de dégâts.

Sa probable résurgence à la fin de l'année affecte déjà certains marchés liés aux matières premières, notamment agricoles .



Un pic au quatrième trimestre



L'OMM a constaté que les températures dans le Pacifique tropical ont récemment augmenté pour « atteindre des niveaux correspondant à une anomalie El Niño de faible intensité ». Le Pacifique tropical « devrait continuer à se réchauffer dans les mois à venir, avec un pic attendu au 4è trimestre ». El Niño devrait connaître « son apogée au 4è trimestre et persistera jusqu'aux premiers mois de 2015, avant de se dissiper ».

L'organisation publique française FranceAgriMer a lancé en juin un avertissement sur ses possibles « effets dévastateurs » sur les récoltes de blé. Selon elle, la moitié Est de l'Australie est particulièrement menacée.

C'est en décembre 2015 que Paris accueillera la 21ème conférence mondiale de l'ONU pour les changements climatiques. Certains, à l'instar du professeur, Jeffery D.Sachs, la qualifie déjà de réunion de la dernière chance