Beaucoup de malades du virus Ebola n'auraient pas été comptabilisés jusqu'à présent. © Katherine Mueller/IFRC/EyePress

Selon les autorités sanitaires américaines, l'épidémie de fièvre hémorragique pourrait être plus grave encore que ce qu'elles attendaient.

Jusqu'à 1,4 million de cas d'Ebola pourraient être répertoriés d'ici janvier prochain en Sierra Leone et au Liberia, deux des trois pays les plus touchés par l'épidémie, selon un nouveau modèle informatique des autorités sanitaires américaines. Les centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué mardi que le virus Ebola pourrait affecter entre 550 000 et 1,4 million de personnes dans ces deux pays d'ici le 20 janvier prochain. Ces chiffres ne sont pas des projections, mais sont basés sur l'hypothèse selon laquelle un très grand nombre de cas de la plus grave épidémie d'Ebola depuis l'émergence du virus en 1976 ne sont pas signalés, ont précisé les CDC.

Ces experts ont souligné que ce modèle informatique a été élaboré à partir des données disponibles en août, avant que les États-Unis n'accroissent fortement leur mobilisation. L'épidémie a fait 2 811 morts sur 5 864 cas depuis le début de l'année, selon les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Ces chiffres ne reflètent pas la situation actuelle et ne sont pas des projections", a dit lors d'une conférence de presse le Dr Tom Frieden, directeur des CDC. "Il est encore temps de contrôler cette épidémie si on agit rapidement." "Ce modèle suggère que des actions étendues et immédiates telles que celles déjà mises en oeuvre par la communauté internationale peuvent faire plafonner l'épidémie avant qu'on ne commence à voir une baisse rapide du nombre de cas", ont relevé les CDC.

Le président américain Barack Obama avait lancé un appel le 17 septembre à agir rapidement face à cette épidémie en Afrique de l'Ouest pour éviter que des "centaines de milliers" de personnes ne soient infectées par ce virus contre lequel l'ONU entend mobiliser un milliard de dollars. Il avait assuré que les États-Unis, qui doivent envoyer quelque 3 000 militaires sur le terrain, étaient prêts à jouer un rôle moteur face à une épidémie qui progresse "de façon exponentielle". L'OMS a indiqué plus tôt mardi que le nombre de nouveaux cas pourrait passer de plusieurs centaines à plusieurs milliers par semaine sans "des améliorations drastiques des mesures de lutte contre la maladie". Selon un tel scénario, le nombre de cas d'infection pourrait plus que tripler pour atteindre 20 000 d'ici novembre.