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Aimer les gens  qui nous blessent,  c’est possible!

 
22.10.14 - Invité de la rédaction - Nous côtoyons tous des personnes malveillantes. Liliane Vaquin nous dit comment elle a appris à les aimer. Parti pris.

Dans ma pratique de la relation d’aide, je suis confrontée quotidiennement à la souffrance occasionnée par la méchanceté de l’autre; cette souffrance suscite en moi compassion et empathie, mais aussi beaucoup d’incompréhension et de questions.
Ayant moi-même côtoyé des gens haineux et mal intentionnés tout au long de ma vie, j’ai été amenée à me poser les questions suivantes: comment un être humain peut-il devenir si malveillant? Comment pouvons-nous l’aimer et quel regard Dieu porte-t-il sur lui? Car même si nous devons faire preuve de sagesse et de discernement, ce qui nous amènera parfois à nous protéger en nous éloignant de certaines personnes toxiques et destructrices, nous n’en sommes pas moins appelés à les aimer.

 



Une violence héritée de l’enfance
Pour le sociologue Michel Fize, «la méchanceté est la force des faibles, elle offre un plaisir immédiat. C’est l’instinct le plus primaire de l’homme: faire mal pour se faire du bien».
Il y a la personne «agressive», qui se soulage de son inconfort intérieur en s’attaquant à une cible sans défense, reproduisant ainsi un comportement appris dans l’enfance. Il y a aussi la personne «cruelle» qui prend plaisir à faire souffrir et à détruire l’autre pour se rassurer sur sa puissance et sur sa valeur ou pour se rendre importante pour l’autre, cherchant à créer et à maintenir une relation dont elle a besoin pour exister et pour combler son vide.
Dans bien des cas, la personne a été elle-même victime de violence dans son enfance et elle réagit méchamment afin d’éviter de ressentir des émotions négatives qu’elle n’a jamais appris à accueillir et à gérer.

Enfants blessés en attente
de bienveillance

Il ne faut donc jamais oublier qu’il y a toujours un enfant blessé, humilié et incompris en chacun d’entre nous et que les situations les plus banales de la vie d’adulte sont susceptibles de réactiver en nous des sensibilités douloureuses. Mais cet enfant blessé est aussi en attente d’émerveillement, de croissance et de justice et il pourra être réveillé ou stimulé à nouveau par une écoute compatissante, un regard ou un geste bienveillant.
Au fil des ans, j’ai découvert que c’est cet enfant blessé que Dieu voit au-delà du méchant, au-delà de notre pauvre vision humaine. Cela m’a conduite à vouloir comprendre pourquoi il usait de tant de patience et de bienveillance envers les méchants. C’est ce même regard d’espérance et d’amour qu’il m’a aidé à porter sur ceux qui m’ont fait le plus souffrir dans ma vie; quelle source de guérison et de paix! J’en ai vu les fruits concrets.

Une logique d’amour
N’avons-nous pas été nous-mêmes un jour le méchant de notre prochain et n’avons-nous pas été heureux d’avoir été graciés? Dieu ne fait-il pas lever son soleil sur les bons et sur les méchants?
A l’image de Jésus, nous n’avons pas à nier les conflits, mais à refuser tout simplement cette logique trop humaine de haine qui conduit à la mort, pour entrer dans une véritable sagesse et dans une logique d’amour qui engendre la vie.

liliane Vaquin,
directrice du Point d'Eau à Morges

 

Tag(s) : #DISCUSSIONS BIBLIQUES