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via : www.christianismeaujourdhui.info

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L'édito de la Rédaction - L'onde de choc d'indignation suscitée par l'attaque contre Charlie Hebdo s'est propagée au monde entier. Après l'émotion, les questions, car il en va de l'avenir de la liberté d'expression.

 

Alors même que se produisait l'attaque contre Charlie Hebdo, l'ONG Portes Ouvertes présentait aux médias, à Paris aussi, l'index 2015 des chrétiens persécutés pour leur foi.
D'un côté, des terroristes se réclamant de l'islam ont décidé de punir les blasphémateurs de Mahomet. De l'autre, on apprenait que sur les cinquante pays où les chrétiens sont le plus inquiétés, discriminés, persécutés ou exécutés pour leur foi, quarante sont musulmans.

Le drame survenu dans les locaux de Charlie Hebdo a été condamné par tous, y compris les responsables des cultes musulmans et plusieurs Etats islamiques.

Heureusement. Cette agression pose cependant plusieurs questions, aussi bien aux religions qu'aux tenants de l'Etat laïc.


Une liberté d'expression pour tous
En prenant immédiatement fait et cause pour la liberté d'expression dont a usé sans modération l'équipe de Charlie Hebdo, on risque d'oublier ceux qui se sentent offensés par ces illustrations. La liberté d'expression vaut pour les uns comme pour les autres. Les musulmans, les juifs et les chrétiens, moutons noirs de la presse satirique française ont eux aussi le droit d'exprimer leur indignation.
La liberté de croyance (et d'incroyance) et d'expression ne peut pas être à géométrie variable. Elle vaut aussi bien pour les croyants que les non-croyants. Et chacun doit disposer des mêmes droits. N'en déplaise aux partisans d'une laïcité militante, désireux de museler toute parole religieuse dans l'espace public.

Tuer n'est pas croire
Pourtant, la violence ne peut et ne doit pas constituer une façon d'exercer la liberté de croire et d'expression. Ou de répondre à une autre liberté d'expression. Tuer n'est pas une façon d'exprimer sa foi. Les responsables musulmans modérés l'ont dit assez souvent, eux aussi. Il leur incombe de tirer les leçons de cette agression «dans la rue d'à côté». Qui au vu du nombre des persécutions de chrétiens dans le monde n'est cependant qu'un arbre cachant une forêt.
Si l'islam n'est pas en guerre contre le reste du monde, s'il ne vise pas la soumission du monde -y compris par la violence- les musulmans sont les seuls à pouvoir le démontrer. Un premier pas a été franchi par la condamnation des actes terroristes au cours de ces derniers mois. L'engagement pour une liberté religieuse accordée aux non-musulmans dans les pays musulmans constitue sans doute le meilleur moyen de prouver sa bonne foi et d'éviter aux moins lettrés et aux plus violents d'user de violence au nom d'Allah.

A l'heure de l'indignation unanime, nous avons tous intérêt à redécouvrir et à mettre en pratique cette phrase attribuée à Voltaire: «Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire». Depuis longtemps, à la rédaction du Christianisme Aujourd'hui, nous avons choisi de l'écrire avec respect, en croyant que le dialogue et la critique sont possibles et peuvent être constructifs.

Christian Willi
rédacteur en chef