Un policier enquêtant dans le kebab situé à côté de la mosquée de Villefrance-sur-Saône. Photo Emmanuel Foudrot-Reuter

Depuis l'attentat perpétré à Charlie Hebdo mercredi 7 janvier, des lieux de culte musulman ont fait l'objet d'attaques.

A Villefranche-sur-Saône (Rhône), aux alentours de 6h ce matin, la vitrine d'un kebab jouxtant la mosquée de la ville était soufflée par une explosion, rapporte Le Progrès. La piste criminelle a été confirmée par une source préfectorale. Sur place, le maire de Villefranche, Bernard Perrut, a estimé que l'explosion était très certainement "liée à l'événement dramatique qui est survenu ce mercredi", avant de déclarer: "Une telle situation est inquiétante et bouleversante et m'amène à lancer un message de cohésion, d'unité et de respect dans cette période douloureuse que traverse la France".

La veille, aux alentours de 00h30, une explosion se faisait entendre à proximité de la mosquée des Sablons au Mans. Le lendemain matin, les policiers retrouvaient une grenade à plâtre dans l'enceinte du lieu de culte ainsi qu'une balle ayant traversé l'une des vitres. Trois autres grenades intactes seront également retrouvées, rapporte Le Maine libre.

Quelques heures plus tôt, vers 20h, à Port-la-Nouvelle (Aude), un individu tirait à deux reprises sur la porte d'une salle de prière musulmane "avec une arme de faible calibre et de petit plomb" a précisé le procureur de la République de Narbonne, David Charmatz, sans faire de victimes. L'enquête est toujours en cours.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un suspect a été interpellé, rapporte La Nouvelle République, après avoir tagué "Mort aux Arabes" sur le portail de la mosquée de Poitiers (Vienne). L'imam de la mosquée, Boubaker El Hadj Amor, a porté plainte.

Dans une rue de Caromb (Vaucluse), une voiture appartenant à une famille musulmane a été criblée de balles, rapporte Le Figaro. Aucun blessé n'est à déplorer.

Un commissaire de police de Limoges se suicide dans son bureau

 


Le commissaire de police qui s'est suicidé était cadre dans le service régional de police judiciaire. - JOUHANNAUD Thomas

Le numéro 2 du service régional de police judiciaire de Limoges s'est donné la mort dans son bureau, dans la nuit de mercredi à jeudi, en se tirant une balle dans la tête.

Il travaillait sur une mission de la police judiciaire dans le cadre de l'affaire Charlie Hebdo. Ce suicide intervient un peu plus d'un an après la mort d'un autre responsable du service régional de la police judiciaire de Limoges. En novembre 2013, le numéro 3 de ce service s'était lui aussi donné la mort et c'est le commissaire décédé la nuit dernière qui l'avait découvert.

Originaire de Limoges, cet homme de 44 ans avait débuté sa carrière en 1997 comme officier de police judiciaire à la direction régionale de la police judiciaire de Versailles, avant de revenir à Limoges. En 2007, il était devenu commissaire, après deux ans à l'école Saint-Cyr du Mont-Dore, avant d'être nommé chef de la sûreté départementale de la Haute-Vienne. En septembre 2010, il avait rejoint la ville de Cherbourg (Manche) pour assurer la fonction de commissaire central. Avant de revenir à Limoges en août 2012 pour être nommé directeur adjoint du service régional de police judiciaire.

Les policiers, déjà durement éprouvés par les événements de ces dernières heures, sont sous le choc. « Nous sommes tous abattus. C'était quelqu'un de très humain et de proche des gens », a témoigné Pascal Cayla du syndicat Alliance police nationale.

Une autopsie doit être pratiquée ce jeudi après-midi et une enquête a été ouverte.