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Le quiétisme

REPOST 2012

Peut-on développer une relation intime et intense avec Dieu et développer une nouvelle vie intérieure, secrète et intime ?
 
Le quiétisme


Quelques fois nous y sommes obligés, par la privation de liberté, de perspective, de mouvements, bref par impuissance.
Dans la vie, il arrive que quoi que nous fassions, nos gestes nous font plus de mal que de bien, car nous sommes emprisonnés (physiquement ou spirituellement) dans une cage et malgré nos cris nos tentatives d'évasion, nous devons attendre que Dieu lui-même nous libère, il faut donc accepter de ne rien faire et d'attendre.Définir cette forme de relation avec Dieu permet, de mettre un nom sur cette pratique et savoir qu'on n'est pas seul.
Toutefois le quiétisme défini comme science, a des orientations et des aspects quelques fois douteux lorsqu'on veut que vous suiviez à la lettre une façon de faire, le quiétisme en mon sens doit rester personnel. Je prends le quiétisme dans sa plus simple expression et définition.
 
 
1. Définiton
Encyclopédie universalis :
Le quiétisme est une forme de la mystique chrétienne (...) qui a été condamnée en 1687 par une constitution du pape Innocent XI (...). L'étymologie du mot évoque le complet repos, ou quiétude (latin quies), dans lequel se trouverait l'âme plongée en Dieu et transformée en Lui, et la totale passivité où elle devrait se maintenir pour laisser agir Dieu en elle ; les conséquences implicites de cette théorie seraient la mésestime pour l'Église hiérarchique (...)
 
L'église a interdit cette pratique, car dans un premier temps, cela réduit son importance, on estime moins l'église puisqu'on privilégie sa relation personnelle avec Dieu et  dans un second temps parce que cela a mené à des dérives : certains ne prient même plus ils se laissent entièrement porter par l'inaction et ne combattent plus le péché. Or le quiétisme n'est pas censé en arriver là. Ce sont des moments de détresses liés à l'impuissance, qui se transforment en moment de communion passive avec Dieu dans le but de développer une relation intime en s'approchant de lui silencieusement.
 
Le quiétisme


Dans la vie d'un chrétien, il est possible de passer par ces "prisons" de silence et d'impuissance.
 
Il est donc important de développer cet aspect là; car c'est seulement lorsque nous avons absolument tout perdu, ou lorsque nous sommes totalement impuissants dans notre propre vie, que nous pouvons évaluer la place que Dieu a dans notre vie.
 
Et Dieu veut quelques fois nous montrer ce qui nous est utile à nous-mêmes :
Maintenant que tu as tout perdu, tu veux te suicider et fuir ce monde ? Tu es totalement perdu parce que je n'occupe pas la première place dans ta vie. Sans toutes ces choses que tu avais, tu n'es rien, et cela ne devrait pas être le cas. Où sont ton église, ta famille, ton conjoint, tes richesses, maintenant que tu es seul face à moi et que tu souffres ?


Le quiétisme


Rends-toi compte de cela et grandis avec moi en me plaçant au dessus de tout quoiqu'il t'arrive. Ainsi lorsque tu perdras tout, tu m'auras toujours et parce que je serai en première place, tu n'auras besoin de rien ni de personne.

Le quiétisme
 
 
 
Exemple

 

Le quiétisme
Jeanne-Marie Mothe Guyon a été emprisonnée et elle raconte comment elle a vécu le quiétisme en prison.
 
Madame Guyon a vécu l'incarcération comme une épreuve de persécution et comme une expérience spirituelle. Son récit est une forme de résistance intérieure à l'oppression.


Extraits :
 
[...] sans les interrogatoires perpétuels que j'avais à essuyer, j'aurais préféré la prison à toutes les délices de la vie. Car mon plaisir ne peut être en ces choses, mais en Dieu. La facilité de le trouver sans être assujettie à voir ou à parler aux créatures, m'était une volupté. (p. 51)
 
Tant de mauvais traitements et les harassements continuels m'attristaient pour des moments à l'excès mais je n'en faisais rien paraître. Et [je] me reprochais même cette tristesse comme indigne du sacrifice que j'avais tant de fois fait à Dieu de tout moi-même, et de l'amour qu'il m'avait donné pour la croix. (p. 93)
 

 
Il faut que je dise la disposition de mon cœur et tous les sacrifices que Dieu me fit faire dans cette maison de Vaugirard. Premièrement j'y étais, malgré les bourrasques, dans une très grande tranquillité, attendant de moment en moment à autre l'ordre de la Providence à qui je suis dévouée sans réserve. Mon cœur était dans un continuel sacrifice sans sacrifice, contente d'être la victime de la Providence.

Un jour, je ne pensais à rien, il fallut me mettre à genoux et me prosterner même, avec une certitude qu'on m'ôterait mes filles afin de me tourmenter davantage et de les tourmenter elles-mêmes pour  les obliger à dire quelque chose contre moi. Je le leur dis. Elles pleurèrent amèrement et me prièrent de demander à Dieu que cela ne fût pas. Loin de le demander, j'en fis le sacrifice, ne pouvant que vouloir la volonté de Dieu.
Une autre fois, j'eus un pressentiment qu'on m'ôterait la communion. Il fallut m'y sacrifier, et consentir à ne communier qu'à la volonté de Dieu. (p. 127-128)
 
Je me regardais comme un petit oiseau que vous teniez dans votre cage pour votre plaisir.[...] Ma joie était fondée sur votre amour, ô mon Dieu, et sur le plaisir d'être votre captive. (p. 41)


Sources :
Universalis
Dossiersgrihl

Tag(s) : #DISCUSSIONS BIBLIQUES