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Post 2014

 

Publié le 01/09/2014 à 10h53

Roberto Calderoli, à Rome le 15 juillet 2013 (MISTRULLI LUIGI/SIPA)

Il y en une bien bonne qui circule dans les médias italiens ces jours-ci : l’ancien ministre italien de la simplification de Berlusconi et sénateur de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, serait victime d’un mauvais sort.

Il s’en est lamenté dans la presse transalpine :

« Le père de Mme Kyenge [ancienne ministre de l’Intégration du gouvernement Letta, photo ci-contre, ndlr] m’a lancé une “macumba”. »

Cécile Kyenge, à Rome le 23 septembre 2013 (Riccardo De Luca/AP/SIPA)

Tout a commencé dans les colonnes de l’hebdomadaire italien Oggi, sorte de Voici transalpin. Suite aux insultes lancées par Roberto Calderoli en juillet 2013 (« Quand je vois la Kyenge, je pense à un orang-outan »), la revue décide de dresser le portrait de Cécile Kyenge.

Pour ce faire, les journalistes partent enquêter dans le Congo natal de la ministre de l’Intégration et dégotte le père.

« Personne ne l’avait jamais vu. Nous sommes allés le chercher à Katanga. Et nous l’avons trouvé. »

A leur retour, les reporters publient une vidéo tournée comme un film de série B. Autour d’une photo-portrait de Roberto Calderoli, des personnes semblent se prêter à une drôle de cérémonie. « Un rite tribal », précise Oggi qui apprend à ses lecteurs que la photo du sénateur a fini sur l’autel des ancêtres.

La preuve Naomi Campbell

« Depuis cette cérémonie », se plaint Calderoli, « j’ai fini six fois à l’hôpital pour une opération, deux fois en réanimation, une fois en thérapie, j’ai perdu ma mère et je me suis cassé deux vertèbres et deux doigts. »

Calderoni et son serpent (Facebook)

Dernière photo en date, le sénateur de la Ligue du Nord posant avec un serpent de 2 m, prétendument retrouvé dans sa cuisine.

Le politique poursuit :

« Je suis allé consulter une magicienne après que mon cornetto [grigri, ndlr] napolitain se soit cassé en deux. »

L’affaire pourrait juste sembler cocasse si le sénateur Calderoli n’était pas un habitué du genre : « Moi, raciste ? Certainement pas ! » s’était-il insurgé à une fête de la Ligue du Nord.

« Organisez-moi une soirée avec Naomi Campbell et je vous le prouverai. »

« C’est vraiment n’importe quoi ! »

« Je ne sais pas si je dois appeler directement le pape », s’est-il empressé de confier aux médias italiens suite à ses récents malheurs. Sans pour autant perdre le nord :

« En espérant qu’il ne soit pas déjà trop occupé à accueillir les immigrés chez nous. [...] Si quelqu’un a les numéros de téléphones ou e-mails d’exorcistes, n’hésitez pas à me contacter... »

« Vous vous rendez compte que cette histoire concerne deux anciens ministres italiens ? C’est vraiment n’importe quoi ! » s’exclamait l’un de mes amis stupéfié par l’ampleur de l’affaire, finie dans tous les grands journaux de la Péninsule.

Prendre conscience du poids des mots

Invitée à réagir dans le journal Affari italiani, Cécile Kyenge a commenté :

« [Suite aux insultes qu’il m’a lancées], M. Calderoli m’a certes fait ses excuses mais là n’est pas le problème. Le fait est que ce sénateur à l’époque vice-président du Sénat, a lancé des insultes racistes envers une personne d’un certain rôle.

J’aimerais qu’en Italie, on prenne conscience du poids des mots, du respect de la personne et de la charge qu’elle occupe. »

Poursuivi pour insultes et incitation à la haine raciale, Roberto Calderoli devrait être jugé ces prochains jours. Et en cas de condamnation, il aura une excuse toute faite : « C’est la faute à la “macumba”. »

 

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/storitalia/2014/09/01/les-malheurs-du-senateur-roberto-calderoli-raciste-qui-signore-233393

Les malheurs du sénateur Roberto Calderoli, raciste qui s’ignore
Les malheurs du sénateur Roberto Calderoli, raciste qui s’ignore

Satan peut-il chasser Satan ?

 

 

 

 

Tag(s) : #DISCUSSIONS BIBLIQUES