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Résister à ces petites contrariétés qui nous pourrissent la vie

Une mauvaise nouvelle, un événement inattendu, une erreur qui aurait pu être évitée. Qui ne s’est jamais senti contrarié? Pouvons-nous surmonter ce sentiment? Interview avec Pascal Chapuis (photo médaillon), coach existentiel et professionnel chez Nouveaux Horizons.

Ce matin, mon fils est malade. Je ne peux pas prendre congé, tout au plus me permettre un petit retard au travail. Et sur la route, c’est les embouteillages. Je sens que je vais... exploser!



Tout le monde s’est déjà senti contrarié... Dans quelles situations cela arrive-t-il?

J’ai remarqué que les gens ont une propension à la contrariété lorsqu’ils sont fatigués, ont reçu de mauvaises nouvelles ou sont confrontés à un événement comme une maladie ou un accident. Ces trois situations conduisent souvent à la négativité, qui amène à la contrariété.



Quels sont les «mécanismes» de la contrariété?
La contrariété, la colère, l’amertume sont ce que j’appelle des attitudes «lâches», dans le sens où elles viennent sans se faire inviter. Elles arrivent lorsque nous évitons d’y être attentifs. Nous sommes occupés et n’avons pas mis en place les garde-fous conscients qui permettent de bloquer la contrariété.



Quels garde-fous?
Lorsque quelque chose d’inattendu se produit, ou que l’on me fait une remarque désobligeante, je peux m’arrêter et me demander: que vais-je mettre en place pour éviter de me laisser dépasser par cette nouvelle? Il me faut réfléchir à ce qui arrive, me mettre à l’écart, demander conseil à Dieu. Ensuite, j’affirme ce que je veux voir se passer. Je peux même parler à l’émotion: cela aide à y résister, jusqu’à ce que je me calme, car c’est dans les tripes que tout se joue.



Quel est le rôle de l’éducation dans notre tolérance aux contrariétés?
Il est assez difficile de cultiver une attitude positive pour une personne ayant grandi dans un cadre où il y avait beaucoup de conflits, avec des parents râleurs, négatifs, voire dépressifs.
A l’opposé, des parents confiants, qui ne se laissent pas abattre, transmettront une propension naturelle à voir le bon côté des choses. Mais cet «héritage» peut être changé, c’est un choix personnel.



La Bible a-t-elle quelque chose à nous enseigner sur la contrariété?
Oui , plein de choses! La Bible dit: «Soyez toujours joyeux». Il s’agit d’un exercice conscient de volonté, car ce n’est pas un automatisme. Cet état d’esprit se cultive en amont des moments de la journée les plus difficiles. Nous avons vite fait de voir le monde comme globalement négatif et effrayant; c’est donc un effort conscient d’adopter une attitude positive, par exemple en nous appliquant à voir les bénédictions qui nous entourent même quand ce n’est pas évident. Jacques 3 nous exhorte à veiller à notre utilisation du langage, car la langue est l’instrument qui gouverne la vie.



De quelle manière le langage a-t-il donc une quelconque influence?
Modifier son propre langage change la perception que l’on a de soi et de ce qui nous entoure. Les gens peuvent apprendre à développer une attitude positive rien qu’en changeant le langage qu’ils adoptent. Il s’agit du langage interne; celui que l’on se dit à soi-même, de ce que je dis aux autres ou de ce que les autres me disent. Il faut éviter de se laisser influencer par un langage négatif venant des autres.



Si je me laisse contrarier, est-ce un manque de foi?
C’est là le nœud du problème. Si quelque chose ne se passe pas comme je veux, mon «saboteur» intérieur me fera dire que c’est la faute de quelque chose ou de quelqu’un. Etre constructif, c’est choisir de se débarrasser de cette attitude toxique: les choses se sont produites ainsi, je ne peux rien y changer, mais je peux décider dans quelle direction je vais aller maintenant, avec l’aide divine. Agir de la sorte, c’est être proactif dans sa foi. Je pense que Dieu favorise cette attitude constructive. Mais cela requiert une connexion à Dieu régulière. Se reposer sur nos propres forces est au-dessus de nos forces.

 


Est-il possible d’éviter la contrariété?
Nous ne pouvons pas éviter d’être contrariés, puisque cela ne dépend souvent pas de nous. Tout ce qui contribue à un mode de vie sain nous aide à être forts face à la contrariété: dormir suffisamment, manger de manière équilibrée, bouger. Rencontrer du monde nous évite de nous replier sur nous-mêmes et de devenir irritables. Passer du temps avec Dieu est également indispensable, pour avoir une image correcte de ce que Dieu nous prépare.



Propos recueillis par Joëlle Misson

Via : christianismeaujourdhui.info

Tag(s) : #DISCUSSIONS BIBLIQUES