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De Mahomet à Issa : Témoignage 15

Je suis originaire du Turkménistan en Asie Centrale.

 

J’ai grandi au sein d’une famille nombreuse musulmane pratiquante, nous étions 11 et j’étais très proche de ma maman. Dès le jeune âge j’étais en recherche de spiritualité. J’étais proche de ma mère car elle était très religieuse.

Je voulais comprendre Dieu et comprendre tout ce qu’il avait créé. Quelques fois je trouvais que certaines choses n’avaient aucun sens. Alors un jour en rentrant de l’école, j’ai demandé à ma maman si Dieu existait vraiment. Elle m’a répondu que Dieu existe réellement. Ma maman était vraiment dévouée à la religion musulmane, elle avait toujours à cœur d’aider les gens. En observant sa vie, je lui faisais confiance, je voulais l’imiter. J’ai marché sur ses pas, jusqu’à ce que j’arrive à l’université .

A l’université j’ai fait la connaissance de deux allemandes qui m’ont proposé de partager leur logement, j’ai accepté.

Une fois que j’ai emménagé, j’ai découvert qu’elles étaient chrétiennes.

 

Je les aidais avec la langue. De temps en temps elles me confiaient la traduction de petits livrets chrétiens. Lorsque je traduisais, j’en apprenais un peu sur le christianisme. Je n’en avais jamais eu l’occasion et je n’avais encore jamais entendu parler de Christ auparavant. Les filles partageaient l’Evangile avec moi, elles m’ont transmisent l’information que l’on obtient le salut uniquement par Jésus-Christ et qu’il est le seul chemin pour atteindre Dieu.

 

Dans un premier temps cela m’a perturbé car je me suis dit que j’avais grandi dans un foyer où l’on craint Dieu. Et, maintenant on me dit qu’il faut passer par Jésus qui est Fils de Dieu, chose qui me perturbait et que je n’avais entendu auparavant. Je les écoutais mais en gardant mon recul. Pourtant c’est leur comportement qui a attiré mon attention.

Je n’avais jamais vu ça avant, tous les matins à 6h elles se levaient, prenaient un café et se tenaient dans le coin pour avoir un moment « silencieux ». J’étais fascinée par ce rituel. Tous les matins à 6h elles faisaient cela. Puis un jour je leur ai demandé ce qu’elles faisaient. L’une de mes colocataires m’a répondu qu’elles passaient un moment avec Dieu :

- C’est comme cela que je commence ma journée, je me tiens avec Dieu et je lui parle calmement avant d’aller vaquer à mes occupations.

 

Ce genre de choses m’a permis de constater qu’elles étaient vraiment des témoins de Dieu. Ces filles pardonnaient tout le temps, elles étaient très gracieuses, très aimantes, très compréhensives. Je voyais bien la différence entre elles et les autres. Je me suis même rendue compte que ces filles m’aimaient plus que moi je ne m’aimais moi-même. Je me demandais où elles avaient bien pu trouver cet amour. J’ai fini par leur demander :

- Pourquoi êtes-vous si différentes ?

- C’est l’amour de Christ en nous qui fait de nous des êtres si différents. C’est à travers son amour que je t’aime. Si je devais t’aimer par mon propre amour jamais je ne t’aimerais. Je n’aurais pas été capable de t’aimer. C’est par son amour que je t’aime.

 

Cela avait un sens pour moi. Je comprenais pourquoi elles m’aimaient et pardonnaient autant. Je n’oublierai pas cette fois où je me sentais offensée par elles pour une raison vague. Moi quand j’étais fâchée, ma réaction était de ne pas adresser la parole à la personne qui m’a fâchée. Je ne voulais pas leur parler, je ne souhaitais pas leur parler. Au bout de quelques jours, j’ai trouvé une petite boîte de chocolats avec un petit mot sur ma table de chevet.

« Voudrais-tu me pardonner s’il te plaît ? »

Le pardon était dur pour moi, dans ma famille et dans le monde musulman en général il n’y a pas la culture du pardon. Pour moi, il était normal de passer plusieurs jours en faisant la tête aux gens qui m’ont énervé, même à mes propres parents. Mais avec cette fille j’allais apprendre la culture du pardon. Honnêtement c’était la première fois que quelqu’un venait à moi pour demander « pardon ».

J’ai été émue aux larmes car personne ne m’avait jamais demandé pardon. C’était pour moi un autre témoignage que ces filles appartenaient réellement à Dieu et la façon dont Dieu aime. Nous avons continué l’année universitaire, elles partageaient avec moi l’Evangile, j’y résistais car je voulais être sûre que ce qu’elles partageaient était vrai. Je ne voulais pas adhérer aussi facilement à leur doctrine. Je les observais, elles appelaient Jésus leur ami. Elles disaient qu’elles pouvaient lui parler chaque fois qu’elles le souhaitaient. Tout cela et leur caractère respectif m’a vraiment poussé à vouloir être comme elles. Moi aussi je voulais cet amour, je voulais leur caractère, mais je n’arrivais pas car j’essayais par mes propres moyens.

 

Je voulais Jésus, je me disais que ce serait tellement bien de l’avoir pour ami, un ami que à qui je pourrais m’adresser à n’importe quelle heure. Ces pensées occupaient beaucoup mon esprit jusqu’à ce que je rentre à la maison pour les vacances.

Je n’ai évidemment rien dit à ma mère par crainte. Chez nous, si tu es Turkmène, alors tu es automatiquement musulman, c’est ton identité, ce que tout le monde doit voir en toi. Je ne pouvais pas changer mon identité sans que la honte soit sur ma famille. Ma mère pouvait me rejeter, alors j’avais peur. Je n’ai rien dit du tout jusqu’à ce que je retourne à l’université. Une nuit je ne parvenais pas à dormir, je me tournais et retournais dans mon lit jusqu’à 4h du matin. Une voix à l’intérieur de moi me posait plusieurs questions. Finalement je me suis adossée et j’ai décidée de me pencher sur cette voix qui me disait :

- Pourquoi tardes-tu ? Cela fait 4 ans et demi déjà que je t’ai envoyé mes témoins !

 

Je sais que Dieu connaissait les craintes que j’avais dans le cœur. J’avais peur des conséquences de ma décision. J’avais peur d’être rejetée, peur de perdre mon job, peur d’être renvoyée de l’université lorsque l’administration découvrirait que j’étais devenue chrétienne. Le gouvernement n’apprécie pas les chrétiens. J’avais peur de tout ce qui aurait pu m’arriver si j’annonçais que j’étais chrétienne.

Dieu était vraiment en train de me sonder à ce moment-là, il savait exactement quelles étaient mes inquiétudes et il m’a dit :

- Pourquoi crains-tu les hommes ?! Crains ton Dieu !

 

A cet instant j’ai compris que c’était Jésus qui me parlait. Je n’avais aucun doute que c’était lui qui me parlait et qui essayait d’attirer mon attention. Il m’a fait comprendre et j’ai compris que c’était l’heure, il était temps pour moi de prendre une décision. J’ai décidé de prier et demander à Jésus d’entrer dans mon cœur. Mais je ne savais pas comment prier.

Une amie m’avait donné un livret concernant l’amour spirituel, c’était la première fois que j’allais lire ce livret. Je ne voulais pas allumer la lumière pour réveiller mes colocataires puisqu’il y avait de la lumière qui venait de la rue, j’ai juste tiré un peu les rideaux et j’ai lu la prière du livret. Instantanément j’ai ressenti sa paix et sa joie, je ne pourrais pas décrire ce moment. C’était si extraordinaire car comme je vous l’ai dit, je cherchais Dieu depuis ma plus tendre enfance, sans savoir ce que je cherchais. Là j’ai senti ce que je cherchais. Avant je cherchais à remplir ce vide en étant très religieuse. Je me rassurais en allant consulter des diseuses de bonnes aventures, en évoquant les esprits morts. Tout ce que je trouvais comme réponse ou consolation, ne durait jamais longtemps. J’étais soulagée pour un temps qui pouvait durer même 6 mois, puis le vide était à nouveau là.

Mais après ma première prière chrétienne, je me suis sentie totalement entière, je n’ai pas de mots pour décrire cela. Il devait déjà être 5h du matin lorsque j’ai eu sommeil. La nuit a été courte, mais je devais me lever le matin même pour aller travailler. Habituellement le bus est rempli de personnes et je pouvais m’énerver. Mais cette fois j’aimais tout le monde, j’ai même regardé les arbres, tout semblait différent. Je ne voyais plus les mêmes choses qu’avant, il y avait une énergie inhabituelle, un rafraîchissement que j’ai cherché depuis mon enfance.

 

Chez nous on fait des sacrifices, mes parents avaient l’habitude de faire des sacrifices d’animaux pour mes péchés. Dans moi je savais maintenant que ce n’était plus la peine de sacrifier des animaux pour mes péchés, car Jésus a été le sacrifice, le sacrifice parfait. Je me sentais libre, j’ai vraiment reçu cela de Christ et j’avais reçu le don du pardon, la liberté des obligations que j’avais à faire et ces endroits que j’avais l’habitude de fréquenter c'est-à-dire ceux qui consultent les morts et qui disent la bonne aventure. Tout cela me semblait vraiment loin, j’avais la paix. A partir de là, je ne pouvais plus imaginer ma vie sans Jésus. Il était devenu mon tout. Il est la source de ma vie. Il est la vérité ultime.

Les musulmans essayent de faire effacer leurs péchés, par le sacrifice sanguins d’animaux, soit en nageant dans la rivière sacrée durant la semaine religieuse. Pourtant tout cela ne nettoie pas le péché, tous les ans, ils vont à cet endroit, et vont se baigner dans cette rivière pour être purifiés. Jésus est mort à la croix pour cela, pour qu’on ait plus à faire toutes ces choses. Le sang de Christ est ce qui lave une fois pour toute.

Tag(s) : #TEMOIGNAGES