Commentaire : Quel merveilleux prétexte que la lutte anti-terroriste qui permet de contraindre la population à accepter la tyrannie des donneurs d'ordre, des passeurs de lois, des petits sectateurs du contrôle et de la vérification.

Tu transpires un peu trop quand tu passes le quai pour aller prendre ton train ? T'inquiètes, voleur, la caméra t'as repéré. T'as la barbe un peu trop fournie, trop noire, trop longue, comme ta djellaba ou ton sarouel ? T'inquiètes, étranger, on va voir tes papiers. T'as la peau un peu foncée, les cheveux frisés, t'es jeune ? T'inquiètes, délinquant, on va te contrôler. T'as l'air commun, normal, avec ta bonne tête de français moyen et ta tronche passe-partout ? Fait donc pas chier, usager, c'est pour mieux te protéger.

L'appétence pathologique du système à vouloir tout contrôler semble insatiable. Et cela peut-il s'arrêter ? On peut en douter. Prisonnier de sa propre nature, créant par la peur et le chaos les conditions indispensable à sa propre survie, celui-ci ne peut-il souhaiter, au final, autre chose que de pouvoir vérifier ce qu'il se passe à l'intérieur même de la tête des gens ?

 

© Denis Allard

Le 26 novembre 2015, gare de Lyon, à Paris. Les agents de sûreté ont toujours porté des armes, ils pourront désormais bientôt patrouiller en civil

Agents en civil armés, caméras intelligentes, portiques : les annonces dimanche du président du groupe ont parfois surpris. Elles sont pourtant dans les tuyaux depuis plusieurs semaines.

Ah bon, les agents de la SNCF circulent armés ? Et les caméras de surveillance dans les gares et dans les trains permettront de repérer les terroristes ? Et on aurait trouvé la martingale pour contrôler tous les passagers ? L'intervention du président de la SNCF, Guillaume Pepy, dimanche sur Europe 1, a soulevé plusieurs interrogations mais aussi permis de médiatiser la nouvelle loi Savary qui renforce la lutte contre la fraude et la délinquance dans les transports en commun. Elle a également entrainé une prise de conscience : en matière de sûreté, les trajets en train d'hier seront bien différents de ceux de demain. Retour sur trois propos de Guillaume Pepy.

« Nos propres agents, les agents de la sûreté, vont désormais avoir le droit, grâce à la nouvelle loi Savary, de patrouiller armés et en civil dans les trains. En anglais, ce sont les train marshals. En français, ce sont les patrouilleurs en civil armés. »

Dans cette déclaration du président de la SNCF, le mot nouveau n'est pas « armés », mais « civil ». La SNCF et la RATP disposent d'équipes dédiées à la sécurité. Ces agents ne sont pas policiers mais dépendent du ministère de l'Intérieur. Ils patrouillent dans les rames et sur les quais, en groupes, et accompagnent parfois les équipes de contrôleurs.

A la Surveillance générale (Suge) de la SNCF, ils sont près de 3 000, dont un millier en Ile-de-France. A la RATP, le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) fait travailler environ 1 000 agents. Et ils sont déjà armés. Des armes de 6e catégorie, type tonfa ou bombe lacrymogène, et des armes de poing.

« La sûreté ferroviaire a fêté ses 100 ans l'an dernier et ça fait cent ans que ses agents sont armés », rappelle-t-on à la SNCF. « Ils sont très entraînés, assure Gilles Savary, député (PS) de Gironde et rapporteur de la loi. Leur entraînement est supérieur à celui d'un gendarme classique en termes de coups tirés. » Seuls les agents de la RATP et de la SNCF disposent de cette assermentation.