© Sean McMenemy – CC BY 2.0

 

La taxation des dépôts a commencé en Suisse puis maintenant en Allemagne. Elle va probablement toucher le Luxembourg dans deux mois. Certains se réjouiront que cette taxe frappe les riches qui ont de gros dépôts. Ils se réjouissent trop vite. Ce nouvel impôt deviendra universel avec la suppression du cash si nous n'y prenons pas garde.

« La banque allemande Raiffeisenbank Gmund am Tegernsee a annoncé à ses clients particuliers qu'elle leur facturerait à partir de septembre un taux d'intérêt négatif de 0,4% sur les dépôts de leurs comptes courants. La mesure, qui réplique le taux de la facilité de dépôts de la BCE, ne concernera cependant que les comptes clients dépassant le seuil de 100 000 euros. », L'Agefi du 16 août

Jusque-là, cette taxe ne frappait que la trésorerie des entreprises. Peu de personnes se sentaient donc directement concernées. C'est oublier que derrière le mot entreprise, il y a des gens : les actionnaires, les salariés. Moins de résultats signifie moins d'investissements, moins d'argent pour les salaires, etc.



Cette fois, la mesure touche les dépôts des particuliers, ce qui est nouveau. Là encore certains jugeront que cela ne pénalise que les riches ou les nantis qui ont la chance d'avoir un solde créditeur supérieur à 100 000 euros.

« Pour l'heure, les frais sur les dépôts ne seront pas étendus aux clients disposant de montants inférieurs », a indiqué à Bloomberg un des membres du directoire de la banque Josef Paul. L'important de cette phrase est « pour l'heure » .

"Pour l'heure", les banquiers français - dont certains taxent déjà les dépôts des entreprises - préfèrent jouer sur les frais de tenue de compte. Selon le comparateur Panorabanques, ces frais touchent maintenant 82,6% des Français début 2016, contre seulement 56,6% un an plus tôt.

Mais prenons un peu de recul pour voir le tableau. Les taux négatifs ne fonctionnent pas, la croissance n'est pas au rendez-vous : elle est au mieux faible voire inexistante. Les politiques monétaires des banquiers centraux sont critiquées par le FMI lui-même. Les mauvaises dettes s'entassent, les banques sont fragiles. Le système financier devient de plus en plus instable.



Que vont faire les banquiers centraux ?

Sous la pression des politiciens, ils vont poursuivre leur fuite en avant et passer à l'helicopter money : la distribution d'argent gratuit non plus au travers des banques mais directement par les gouvernements sous forme d'inutiles grands travaux d'infrastructure et d'allocations sociales.

« Si le peuple souffre, c'est qu'il n'a pas assez d'argent. Il en faut faire. (...) nous ferons du numéraire fictif, ajoutent-ils, rien n'est plus aisé, et chaque citoyen en aura plein son portefeuille ! Ils seront tous riches », écrivait Frédéric Bastiat au XIXème, se moquant des gouvernants dans son pamphlet Maudit Argent.

Mais souvenons-nous que l'obsession actuelle des banquiers centraux est de faire surgir l'impôt-inflation qui permet de taxer de la richesse fictive et des plus-values fantômes. En espérant ainsi ronger les dettes...

Il ne faudrait cependant pas que l'argent créé puisse s'échapper du circuit et devenir incontrôlable. Pour cela, il existe un moyen très simple : supprimer le recours aux espèces. Nos apprentis sorciers espèrent ainsi contrôler l'inflation qu'ils veulent faire surgir. Supprimer le cash permet aussi d'enfermer les gens dans les banques et d'éviter toute fuite des déposants qui auraient des velléités d'échapper aux taux négatifs. Taxation de la véritable épargne et création de toujours plus de fausse monnaie, tel est le plan des banquiers centraux et des gouvernants pour nous sortir de la crise.

Un tel plan n'a pas de grande chance de succès, comme les précédents. L'impôt et le faux monnayage n'ont jamais été sources de vraie richesse, pour aucune population, en remontant aussi loin que l'on veut dans l'Histoire.

 

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