Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 Aujourd'hui, plus de 21 0000 patients sont en attente de greffe en France cc- KRISTOPHER RADDER - wikicommons

Aujourd'hui, plus de 21 0000 patients sont en attente de greffe en France cc- KRISTOPHER RADDER - wikicommons

Désormais, tous les Français seront considérés donneurs d’organes par défaut. Ceux qui ne souhaitent pas faire partie des donneurs devront le faire savoir

Jusqu’à présent, pour donner ses organes en cas de décès, il fallait le faire savoir à son entourage et/ou porter une carte de donneur sur soi. À partir de dimanche 1er janvier, les choses s’inversent : tous les Français seront considérés comme "donneurs par défaut", et c’est à ceux ne désirant pas en faire partie de réaliser des démarches pour le faire savoir.

 

Pourquoi un tel changement ?

Ce changement notable est dû à l’entrée en vigueur du "principe de consentement", un amendement de la loi Santé votée en 2015. Ce principe existe depuis 1976, mais il vient d’être modifié afin de supprimer l’obligation pour le médecin de demander aux proches du défunt quel était son choix en matière de don d’organes.

Jusqu’à présent, environ un tiers des familles refusaient. Pourtant, selon un sondage, près de 8 Français sur 10 se disent favorables au don d’organes, mais peu en ont informé leurs proches.

Désormais, selon la loi, le médecin n’aura plus qu’à vérifier sur internet si le patient est inscrit sur le registre national des refus. Si ce n’est pas le cas, le don d’organes pourra être décidé sans l’avis de la famille. 

Cela rend donc automatique le don potentiel d’organes de 66 millions de personnes, et accélère la procédure d’extraction et de réception des organes, qui augmentent les chances d’une greffe réussie.

Une vraie chance pour l’agence de biomédecine, qui précise qu’aujourd’hui, malgré l’augmentation des greffes, 21 464 patients sont toujours en attente d’un organe. L’an dernier, 464 sont décédés avant d’avoir pu être greffés. 

 

Comment s’y opposer ?

Pour s’opposer au don d’organes, il suffira de s’inscrire sur le registre national des refus, une démarche administrative à réaliser en ligne.

La loi change radicalement, mais dans les faits, il y aura tout de même des possibilités de recours.

Premier cas de figure : si le patient n’est pas inscrit sur le registre des refus mais qu’il a laissé une trace écrite de son refus de donner ses organes, elle pourra être utilisée. Attention cependant, ce papier doit comporter le nom, l’adresse et la date de naissance du patient. 

Second cas de figure : si le patient a fait savoir oralement qu’il refusait le don d’organes, ses proches pourront retranscrire par écrit ce témoignage, attester de sa véracité et le signer.

Chaque Français pourra aussi faire savoir s’il refuse de donner certains organes ou des tissus en particulier, selon la même procédure.

 

Plusieurs médecins sont contre

L’Ordre des médecins s’est prononcé contre cette mesure, expliquant qu’il voyait dans cette réforme une exclusion des proches dans le processus de don.

La Fédération des associations pour le don d’organes et de tissus humains (France ADOT) craint, quant à elle que les familles soient plus méfiantes et "remettent en cause la volonté d’être donneur" chez de nombreux concitoyens. 

 

www.sudouest.fr